Norvège 2012

J’ai voyagé six semaines en été 2012 dans l’ensemble de la Norvège. Ceci est le carnet résumant mon aventure solitaire…

Jour 1 — Clermond-Ferrand → Quelque part au Danemark

Un train français pour rejoindre Paris. Discuter politique avec une personne âgée de 80 ans et catholique fût une expérience assez hillarante. À Paris, j’ai pris le train pour Cologne : ligne très sympathique avec un passage pour Bruxelles. De quoi se remémorer quelques chouettes souvenirs de mon petit séjour belge de 2009. Une heure de pause à Cologne, visite nocturne et rapide de la ville. Première ville, premiers bâtiments (magnifique cathédrale).

L’expérience me montrera que le train de nuit en première classe n’aurait pas été du luxe pour ce genre de trajet. L’enfer dans une cabine avec 4 allemands revenant d’un festival de metal.

« Where do you from?

— France.

— So, you don’t understand! »

Misère…

Jour 2 — Quelque part au Danemark → Mandal

Quatre petites heures de sommeil plus tard, arrivée au Danemark avec 1h de retard. Quelques changements de train pour se trouver dans une ville avec 10 minutes de marge pour trouver un bus. Défi relevé et… échoué ! 110€ de taxi.

L’avantage c’est d’avoir pu profiter de mon arrivée à Hirtshals avec 2h30 d’avance. En voyage, toujours se raccrocher aux points positifs… toujours… et pas à cette foutue note de taxi. Premier bateau depuis bien longtemps, et pas le dernier.

La Norvège apparaît : belle, simplement belle. Premier contact : Kristiansand. Objectif : dormir. Trouver un coin pour dormir n’est malheuresement clairement pas possible et « un hôtel pas cher » n’a pas de sens dans ce pays. Je me suis donc démerdé pour trouver un bus à 22h30 vers une destination moins hostile et plus jolie que ce port industriel. Longeant la côte sud du pays, je prends un bus nocturne pour Mandal, une des seules plages du pays (1km seulement). J’évite de faire du tourisme à minuit et je pense pratique. J’ai trouvé un camping légèrement à l’extérieur de la ville, et vu le monde à la réception, je me suis abstenu de payer en enjambant simplement la cordelette délimitant le camping. 110€ de taxi — 150 noks, on fera la conversion plus tard, mais on doit toujours pas y être. Premier montage de tente dans le noir.

Jour 3 — Mandal

Journée préparatoire : carte et guide à la main, ça deviendra rapidement mon quotidien. J’ai choisi de vivre au jour le jour, rendant toute réservation impossible.

Premières difficultés psychologiques, en bref : qu’est-ce que je fiche ici ? Avec les questions de finances et de solitude en supplément. Je me raccroche à la bourgade très sympathique : petit port de pêche dont le camping est situé dans des bois qui longent la mer.

Trouvant difficile de résister à la tentation financière de la veille, je continue à dormir gratuitement au camping.

                        CHEMIN     CHEMIN
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Jour 4 — Mandal → Stavanger

Je vais pas m’étendre, j’ai passé 2h à trouver où s’arrêtait le bus. Je suis sorti de la ville, rerentré, cherché l’office de tourisme… qui a changé de place… ressorti… Je fais l’erreur de partir beaucoup trop tard, et de devoir profiter en bus de nuit des paysages magnifiques. Les routes, les montagnes, les arbres, je suis totalement charmé. Impossible de fermer l’œil.

Je suis finalement arrivé à Stavanger. Je répète à peu près le même schéma depuis le début : tour du proprio rapide, je cherche un endroit pour dormir, je dors et je visite le lendemain.

Le camping est plutôt facilement trouvable avec le GPS (je profite, il ne durera pas longtemps). Je constate qu’à seulement deux kilomètres de la quatrième ville du pays on trouve des chemins en pleine nature. J’arrive tranquillement au camping… et là… déluge. Montage de tente sous un torrent de flotte. Première grosse galère, les affaires et les vêtements totalement tremplés. L’aventure ! Je prends mes habitudes alimentaires : boîte de sardine, pain, confiture (super pratique, comme les bouteilles de ketchup !), concombre.

Jour 5 — Stavanger → Preikestolen

Stavanger, c’est le genre de ville idéale : un petit lac sert de centre. Les arrêts de la vingtaine de lignes de bus sont répartis tout autour. Derrière, le lac, un magnifique port, des ruelles super sympa et… un café français ! Joie ! Les Jeux Olympiques en français ! La satisfaction de parler mieux une langue que son interlocuteur ! Cocorico.

Je quitte la ville pour ma première expédition nature : le Preikestolen, un rocher archi touristique. La randonnée dure deux heures aller et une heure et demie pour le retour. Comme je fais pas tout comme tout le monde, j’ai débuté vers 19h. En gros, le nombre faramineux de touristes repartait et dans mon sens très peu de personnes avec la même idée que moi. J’arrive en haut non sans difficultés avec mon sac à dos qui pèse son poids — tirant sur les épaules — et avec beaucoup d’appréhension dans les descentes quelques peu dangereuses avec le centre de gravité partant vers l’arrière.

En haut : une tente. On peut dormir en haut ! Je n’hésite pas très longtemps et décalle ma descente au lendemain. La centaine de touristes réduite à seulement cinq personnes. Le panorama est extraordinnaire, avec le couché de soleil en cadeau. Un des jours les plus grandioses de ma vie (au 28 juillet 2015, confirmé). J’ai fait connaissances des allemands et un couple de néo-zélandais. On m’a même offert le café. J’ai posé (et non planté) ma tente sur ce magnifique rocher avec en-dessous le vide.

Jour 6 — Preikestolen → Bergen

Nuit courte : levé à 4h45 pour apprécier le levé du soleil. Nous avons réussi à grimper et prendre quelques photos. La descente sera plus simple qu’esperée.

Retour à Stavanger à mon café français où j’ai enchaîné le petit déjeuner puis le repas du midi. Remplissage d’estomac pour compenser les efforts physiques ! Et il y avait les JO aussi, et la France gagnait. C’est fou ce qu’on devient chauvin à l’étranger.

Ne voulant pas retourner au camping de la ville, je me suis dirigé vers ma prochaine étape : Bergen. Arrivée vachement tardive, totalement crevé, légèrement dépressif avec la sérieuse envie de rentrer. Voulant dormir rapidement, j’ai fait l’office de tourisme pour trouver une auberge de jeunesse. Très bien conseillé, je prends le bus pour sortir de la ville, je rejoins l’AJ, douche et dodo en dortoir.

Jour 7 — Bergen → Fläm

Petit déjeuner copieux inclus ! Ça change du régime alimentaire traditionnel.

L’AJ étant dans la banlieue, j’ai fait une visite comme je les aime de la ville en la traversant et évitant les trajets trop touristiques. D’où mes photos. Je tombe finalement dans le centre archi-fréquenté de Bergen. La ville a son charme mais j’ai pas senti de réelle accroche, sûrement un problème de goûts et couleurs. La visite des musées n’étant pas mon délire, je ne m’attarde pas. Départ pour Fläm !

C’est un coin également ultra connu pour sa ligne de train qui descend à plus de 5%. C’est plutôt chouette à voir jusqu’à l’arrivée en bas. Fläm n’est juste qu’un coin à touristes. Les paysages l’entourant sont grandioses mais les camping car gâchent toute la vie. Dingue comme j’aime bien le calme. Dodo en camping rattaché à une AJ.

Jour 8 — Fläm → Balestrand

Grand besoin de repos, je me suis orienté vers un coin plus reculé dans le même type de paysages : des fjords très étroits. Après une attente interminable pour le ferry à Fläm (avec pour seul spectacle un énorme paquebot de croisière), une discussion avec des belges, je suis arrivé à Balestrand. Village tout mignon, coin magnifique, pas de camping car : joie. Cherchant le calme, j’ai choisi un camping légèrement excentré de la ville (quatre kilomètres). À l’arrivée, quasi-personne, le propriétaire passe de temps en temps voir si il y a du monde. Chouette endroit pour se reposer d’une semaine éprouvante.

Jour 9 — Balestrand

Repos. Juste les courses, un peu de lecture, l’écriture de carnet de voyage. Le propriétaire du camping est passé et repart à Bergen, il m’a fait payé que deux nuits, je peux dormir gratuitement autant que je le souhaite.

J’ai repéré une grosse randonnée près d’un glaiver, je vais en profiter d’être reposé et ne pas avoir à trimballer tout le contenu de mon sac à dos pour grimper plus facilement.

Premier résumé

Voilà, j’en suis là pour l’instant. En bref, c’est 8-10 kilomètres de marche par jour, un budget archi-serré, du sport (surtout pour les épaules), quelques rencontres, des ports, des arbres, des maisons individuelles à perte de vue, des fjords, des blonds et des blondes.

Psychologiquement, c’est pas évident, mais ça va mieux depuis l’arrivée à Balestrand. La solitude se gère plutôt bien. L’argent devrait suffir en faisant attention mais sans en être obsedé. Je me rends compte que c’est un choutte défi et le cadre est vraiment merveilleux. Objectif : remplir les 32 jours restants.

Jour 10 — Balestrand

Reprise !

Réveil à 8 heures pour être d’attaque pour la randonnée. Seulement 2,5 kilomètres à parcourir, mais départ de 60 mètres pour arriver à 1270 mètres d’altitude. J’allège le plus possible le sac à dos.

Je rencontre une grande difficulté à la montée, surtout pour se repérer avec les chemins quasi-inexistants. La vue est pourtant de plus en plus époustoufflante à mesure que je monte. Je m’arrête toutes les 10 minutes pour manger et boire.

En haut : la glace (un peu), une vue de malade, le vent et surtout une énorme satisfaction. Environ 3h40 pour monter.

La descente fût elle aussi une lente agonie, quasiment aussi lente que la montée. Je prends mes précautions pour ne pas me retrouver la tête la première.

I did it!

Jour 11 — Balestrand

Je prépare mon départ pour Geirenger mais selon l’office de Tourisme, pas de bus avant le lendemain. Je profite de la journée pour faire mes courses, recharger un peu mon téléphone à l’office, écouter de la musique, me reposer. Je prends le repas avec des allemands qui viennent d’arriver au camping. La discussion est compliquée à cause de l’anglais des deux côtés, mais je passe un moment de partage sympa.

Jour 12 — Balestrand → Geirenger

J’avais tout le trajet fourni par l’office de tourisme. Trois bus à prendre, un petit bordel au niveau des changements. J’ai finalement rencontré un groupe de trois angevins dans mon premier bus. Style motard, respirant la classe. Ils disposaient d’un itinéraire plus économique vers la même direction, je les ai donc suivis. Finalement, après un trajet plus ou moins mouvementé, arrivée à Geirenger par une route splendide. La descente est hallucinante et on se demande comment les véhicules restent accrochés à la route.

Geirenger est plus agréable que Fläm malgré le côté tout aussi touristique. Dodo dans un camping situé un peu en hauteur. Pas grand choses à signaler si ce n’est la cascade super bruyante.

Jour 13 — Geirenger → Ålesund

Impossible de randonner dans le coin vu l’état de mes genoux compensation, j’ai prit le bateau qui fait le tour du fjord. Très sympathique, cascades de partout, et le fjord est hyper étroit. Vu le monde à randonner, content de ne pas y être allé.

Voulant avancer, départ vers Ålesund après pas mal d’attente. Encore du français dans les transports, décidemment… J’achète sur le trajet des très bonnes fraises à des enfants ayant l’intelligence commerciale de les vendre là où on doit attendre le ferry.

J’arrive tardivement en ville, je me suis rapidement retrouvé à marcher le long de l’européenne. Une bagnole exprime de la pitié et me prend en stop pour me déposer au camping, j’y croyais pas sur le coup. D’après les gérants du camping, je prends pas assez de place pour avoir à payer ma nuit.

Jour 14 — Ålesund → Trondheim

Visite d’Ålesund. La ville est sympathique, mais sans plus. J’ai fait un musée sur l’Art Nouveau pour tuer le temps. La vieille pharmacie dans laquelle il est situé sera plus mémorable que le contenu de l’exposition.

Départ en bus pour Trondheim au travers d’un trajet bieeeeeeeeen long (7h30). Je parle avec une grand-mère norvégienne, mais pour une fois, mon anglais sera supérieur à mon interlocuteur. Je traverse des paysages géniaux, beaucoup de terres agricoles. Les fjords, les ponts et les tunnels s’enchaînent.

Encore une arrivée tardive en ville. Mon plan A d’hébergement tombe à l’eau, hors saison ! Pour mon plan B, je dispose d’une carte tellement imprécise que je n’ai pas trouvé. J’ai également réussi à perdre mon porte-feuille en pleine ville. Je garde mon sang-froid, et le retrouve en plein milieu d’une rue. À croire que mon argent n’intéresse personne ici.

Finalement, je passe une nuit quasiment blanche dans la rue en alternant mes lieux de repos : l’université puis la gare dont j’attendais dans le froid avec impatience l’ouverture vers 5 heures du matin.

Jour 15 — Trondheim

J’achète mon billet de train pour Bodø à 5h02, histoire de profiter du lieu puis je retourne visiter Trondheim de jour.

Je passe la matinée dans une boulangerie/café à manger des brownies excellents tout en lisant Le Monde Week-End. Puis, je reprends ma mission camping. De jour c’est plus simple de sortir de ville. Je m’endors à 15h30 pour me réveiller 15 heures plus tard.

Jour 16 — Trondheim → Bodø

Suite de ma visite de Trondheim, en repassant par la boulangerie. Je fais le musée de la musique avec une visite en français. Contenu super chouette (et très chouette aussi !).

Je poursuis sur la visite payante de la cathédrale où j’assiste à une messe pour pellerins avec les orgues et tout le tsoin-tsoin.

Je termine mon périple par quelques courses technologiques, un chargeur de téléphone que j’avais perdu dès le second jour, et une deuxième batterie. Je prends soin de mon GPS portable.

Je quitte Trondheim à 23h30 après quelques photos nocturnes en prenant un train de nuit. C’est mieux qu’en Allemagne déjà, le siège est inclinable même si on a dû m’aider à le régler, et plein d’accessoires pour dormir (masque de nuit, couverture, oreiller) qui serviront pour plus tard.

Jour 17 — Bodø

J’aide un adolescent de 15 ans à récupérer la maximum de couvertures possible dans le train puis j’arrive tôt le matin à Bodø. J’entreprend directement le musée de l’aviation, assez intéressant et un peu long. Je rejoins le camping assez tôt (vers 15h) puis je me repose toute la fin de journée.

Jour 18 — Bodø → Moskenes

Petite marche avant de repartir en ville. Premiers contacts avec le brouillard. J’ai croisé encore une fois une personne âgée sur le chemin. Il m’a donné quelques conseils de balade et surtout un « Improve your english! », oui bah j’étais fatigué !

Retour en ville, grosses courses, le sac à dos explose. À l’office de tourisme : « On peut discuter en français si vous voulez. »… j’étais fatigué !

Je prends le bateau pour les îles Lofoten. La traversée assez longue (quatre heures) se fera dans le brouillard.

J’arrive ensuite à Moskenes avec un camping dès l’entrée. Raté pour la découverte de la culture locale, je passe la soirée avec trois français de 20h à 23h. Tout y est passé niveau discussions : tourisme en Norvège, culture, politique, informatique.

Jour 19 — Moskenes

Je me repose jusqu’à 14h puis je pars en randonnée avec le sac à dos plein d’eau. La randonnée fût une attrocité, du moins au début. Je ne prends aucun plaisir dans les premiers kilomètres et je rencontre de grosses difficultés avec le sac à dos.

Après 15 minutes de réflexion, je prends mon courage à deux mains pour aller au boût de la randonnée dans le brouillard.

L’arrivée en haut s’avère pas si compliquée, j’installe ma tente dans les montagnes puis dodo dans le froid et l’humidité.

Jour 20 — Moskenes

Descente de la randonnée, plutôt balèze mais je découvre enfin le paysage avec la levée du brouillard. Je croise un italien qui souhaite m’entraîner dans des sentiers trop compliqués pour moi.

La fin de ma randonnée tombe vers Å, un chouette village mais l’état de mes pieds a plutôt écourté la visite. Je retourne enfin vers Moskenes en prenant les courses au passage. Longue longue agonie des pieds pour rentrer au camping (que je ne paie toujours pas).

Jour 21 — Moskenes

Journée de repos, rien à signaler. Petite marche vers Reine en fin de journée, je tombe nez à nez avec mon fond d’écran. J’hésite à planter ma tente dans les environs mais non, trop claqué.

Jour 22 — Moskenes → Børg

Je me décide enfin à bouger de Moskenes. Je marche vers Å pour visiter sans la fatigue d’il y a deux jours puis pour prendre le bus vers Leknes puis Børg. Il y a un musée viking dans le coin mais j’arrive trop tard. Les paysages sont vraiment chouettes autour d’une petite église plutôt moderne et prêt d’un bateau viking.

Je fais du camping sauvage dans un champ avec plein de miam-miam.

Jour 23 — Børg → Narvik

Décollage… raté ! J’ai réussi à zaper mes lunettes dans le pliage de la tente. Vingt minutes de perdues et grosse frayeur pour leur état, mais rassuré rapidement.

Je me suis ensuite dirigé vers le musée viking, plutôt sympa, quelque chose d’intelligent avec audioguide en français.

J’ai ensuite fait un tour vers l’église qui était fermée la veille.

Direction l’arrêt de bus pour continuer mon aventure. L’attente se fera dans le froid en pleine rentrée scolaire. Je rencontre pour la première fois un couple de suisses qui allaient vers Narvik. J’ai suivi, coupant court à tout débat intérieur sur l’itinéraire.

Le trajet est sympa sur le long des Lofoten avec ses eaux turquoises. Nous descendons un peu avant Narkik pour rejoindre au plus vite le camping.

Installation de la tente sur du granite ou presque… puis nous faisons les courses ensemble. Nous arrivons trop tard pour acheter de l’alcool en revanche…

Le repas sera fort sympathique et tardif.

Jour 24 — Narvik

Un peu de shopping en ville, je profite d’avoir quelques commodités pour refaire un stock de vêtements, laver l’existant, et prendre une douche. Vrai repos.

Jour 25 — Narvik → Tromsø

Je pars une nouvelle fois en bus vers Tromsø. Le trajet est sympa avec des paysages plus alpins, moins de végétations et avec des montagnes plus dessinées.

Mon arrivée à Tromsø se fait comme pour les villes précédentes en plus rôdées. Je repère très rapidement les panneaux signalant le camping le plus proche, puis je m’installe rapidement dans une sorte de bois aménagé, avec une souche sous ma tente. Les nuits se font plus froides.

Jour 26 — Tromsø → Hammerfest

Je visite Tromsø avec la problématique de devoir traverser à plusieurs reprises ce foutu pont pour m’adapter aux différentes horaires d’ouverture. Notamment l’église située à l’extérieur ouverte de 15 à 18.

À l’office de tourisme :

« Are you student?

— Yes.

— Are you french?

— Yes.

— Parfait, moi aussi. »

Simplifiant la communication, je trouve tous les détails pour partir vers Hammerfest via l’Hurtigruten des bateaux luxueux longeant la côte norvégienne qui ne sont pas si chers que ça pour les étudiants.

J’ai l’impression d’être au dessus de ma classe sociale, mais je passe une très bonne soirée au piano bar où je me fais chambrer sur ma nationnalité et mes affaires.

N’ayant pas de cabine, je passe une nuit plus calme à visiter tout le bateau quasiment seul.

Jour 27 — Hammerfest

Discussion à la va vite sur le pont du bateau au maginifique lever de soleil. Arrivée à 5h40 à Hammerfest.

Je suis vite sorti de la ville déserte (vu l’heure) pour planter la tente. Mission rapidement accomplie : juste à côté d’un petit lac sympathique. Je dors de 7h à 14h pour rattraper un peu le sommeil.

Courses, visite rapide de la ville malgré pas mal de choses fermées à cause du week-end. Je retourne rapidement dans ma tente pour profiter du coin super agréable en visitant les colines alentours. Je rencontre mes premiers rennes.

La nuit se fera dans le vent, avec une tente quasiment démontée au réveil.

Jour 28 — Hammerfest → Skaidi

Je profite une dernière fois des petits coins autour d’Hammerfest pour faire quelques photos puis je décolle effectuer mon nouveau sport favori : le stop.

Cinq kilomètres de marche pour sortir de la ville, je lève le pouce… et bingo. La chance du débutant. Un norvégien m’emmène à Skaidi avec en chemin une découverte sur la géologie, la culture Sami, et sa baraque.

Arrivé à Skaidi, je pose ma tente près d’un terrain vague. J’ai pas osé dormir dans le bus abandonné proche.

Jour 29 — Skaidi → Cap Nord

Je reviens à Skaidi, je n’ai cette fois-ci pas même à lever le pouce que je rencontre à la station service un allemand et un suédois allant au cap Nord.

Super trajet, paysages géniaux avec une absence de plus en plus remarquée de végétation. Le Cap Nord en lui même a une allure de fin du monde malgré l’exploitation très commerciale du site.

Socialement, je passe un très bon moment, on arrive à communiquer assez facilement.

Je pose ma tente juste à côté du bâtiment en essayant — en vain — de me mettre à l’abri du froid, de la pluie et du vent. Le thé réchauffera un peu.

Jour 30 — Cap Nord → Lakselv

Petite discussion au réveil avec un vaillant allemand venu à vélo jusqu’ici. Nous partons avec mon équipage habituel du cap Nord sans faire de randonnées vu le temps qui se chargeait. Ils me déposent à Olderfjord, une sorte de croisée des chemins.

Je me débrouille pour me trouver une voiture qui me passera devant puis fera demi-tour par pitié pour me conduire à Lakselv. Un couple de tchécoslovaques qui allaient à Inari. J’ai longtemps hésité à les suivre, mais devant l’incertitude de pouvoir revenir rapidement en Norvège je n’ai pas pris ce risque.

Comme à mon habitude, mon arrivée à Lakselv se suit directement par une recherche d’un coin sympa pour ma tente. Je me dirige vers une rivière où je croise un pêcheur de saumons. La scène est très impressionnante. Je cause deux-trois minutes avec lui, et mon anglais est enfin à la hauteur.

Je pose mes affaires dans les bois à l’abri des regards indiscrets.

Jour 31 — Lakselv → Karasjok

Objectif : rejoindre le parc national, y camper, puis peut-être rejoindre l’européenne. Pour cela : 20 kilomètres à pied rien que pour rejoindre le parc. 3h10 de marche plus tard, totalement claqué, je trouve un camping pour obtenir un peu plus d’informations, mais peine perdue, le gars n’est pas très utile.

Je suis à l’entrée du parc, c’est joli, mais ça ne fait pas beaucoup de différence par rapport au paysage où j’étais. Je trouve mon idée de plus en plus mauvaise, et je me décide à retourner à Lakselv en stop. Je ne peine pas trop à trouver un véhicule.

Je souhaite rapidement partir de Lakselv pour me diriger vers Karasjok. Le stop sera un échec après 2 heures de tentatives. Pour une fois, j’avais un plan B, ça sera le bus.

Je remarque à mon arrivée à Karasjok les couleurs hallucinantes des paysages. On sent le début de l’automne à mesure que je monte dans le pays. Je me trouve un coin pour dormir à 5 kilomètres de la ville.

Jour 32 — Karasjok

Brève visite de la ville, moins intéressante que les paysages alentours. Il y a un musée Sami, mais ça donnait vraiment pas envie à l’intérieur. Je me prends la tête avec l’organisation : je sens que je vais arriver trop tôt au point final du voyage. Je m’imagine toute sorte de plans, sans grand succès.

Je fais des aller-retours entre ma tente et la ville.

Jour 33 — Karasjok → Båtsfjord

Le stop pour la prochaine étape sera un échec complet malgré 3 heures d’essais. Le bus qui mène à Tana Bru passe devant moi… mais ne s’arrête pas. Peur. Le vrai bus qui mène à Tana Bru le suivait… et s’arrête. Ouf.

Arrivée à Tana Bra. C’est une ville-carrefour. Les plans s’accelèrent
je monte dans le premier bus pour Båtsfjord, ma destination suivante. Petit arrêt intermédiaire au boût du monde, il y avait même un concert.

J’atterris finalement à Båtsfjord, avec même l’idée que si c’est dans la même veine je peux partir pour Kirkenes directement. Mais ça semblait suffisamment sympathique pour y passer la nuit.

Camping sauvage en pente à 5 kilomètres du port. Montage de tente dans la nuit.

Jour 34 — Båtsfjord

Je visite le port sous la pluie et le vent. Je parviens à me réchauffer un peu dans ces fameux cafés/boulangeries. Je trouve les horaires pour le bateau vers Kirkenes. Je rentre donc vers ma tente pour reprendre mes affaires. Grosse galère, le sol est trempé, il pleut, et j’égare mes lunettes dans une haie en déplaçant mes affaires. Gros pic de stress passager, je parviens à les retrouver.

Habillé de mes affaires de rechange, et donc à peu près au sec, je retourne en ville. S’en suivra une longue attente du bateau qui n’arrivera qu’à 1 heure du matin. Je patiente tout d’abord à l’extérieur du port en écoutant Valtari pour la première fois. Puis, la température baissant, je m’aventure au sein d’un bâtiment ouvert du port. Une personne y travaille à découper du poisson, puis repart. Je trouve une prise de courant qui m’aide à tuer le temps. Je rencontre deux pêcheurs, un russe et un norvegien, qui m’offrent le café et les gâteaux. Ils m’accompagnent au port où arrive l’Hurtigruten après une toute petite visite en voiture au dessus de la ville.

Jour 35 — Båtsfjord → Kirkenes

Fin de l’attente dans le froid du bateau. Après une arrivée remarquable (les lumières !), je grimpe à bord. On aurait dit qu’il s’arrêtait presque que pour moi vu l’heure.

La traversée est sympathique et se passe bien toujours dans un bateau classe. Je prends le café et du super bon saumon.

J’arrive finalement à Kirkenes, très fatigué. Je sors de la ville au plus vite. Je pose ma tente dans un coin au calme.

Dodo. Tôt.

Jour 36 à 41 — Kirkenes

N’ayant pas réussi à rallonger mon trajet, je passe cinq jours tranquillement à Kirkenes, avant-dernière étape de mon voyage.

La ville est très agréable, j’ai un centre commercial où j’ai un peu de courant pour passer le temps. Je passe quelques heures dans une bibliothèque pour avoir un peu d’Internet.

Mon dernier objectif là-bas est la visite de la frontière russe. Je marche une douzaine de kilomètres à travers de charmants chemins. J’y croise des militaires norvégiens en mission, et énormément de jeeps faisant des aller-retours. La frontière n’est qu’un symbole mais je suis satisfait d’y être arrivé.

Rien d’autre à signaler, si ce n’est quelques problèmes de sol et de feuilles morte.

Jour 42 — Kirkenes → Oslo

Je pars ensuite de Kirkenes très tôt le matin pour rejoindre l’aéroport. Je prends pour la première fois l’avion vers la capitale norvégienne.

En plus de gagner quasiment 15 degrés d’un coup, passer de la nature avec très peu de personnes à une ville blindée de gens est très perturbant.

Je retrouve tout de même goût à la civilisation. Je prends le temps d’apprécier l’architecture de certains bâtiments d’Oslo ainsi que le confort d’un bon restaurant !

Je termine la journée en me précipitant vers le Monolith situé dans le Frognerparken, étape ultime de mon voyage. Dernières photos, et je cours vers le train qui me mènera vers l’aéroport.

Retour à Paris, puis Nancy. Une nouvelle ville à découvrir !