Aïe.

Sfar est une personne qui m’a inspiré très tôt. Je suis un énorme fan de Donjon qu’il a créé avec Trondheim, je suis amoureux des grands vampires avec une ambiance géniale, et le chat du Rabbin est une ouverture fantastique au monde. Il a par la suite réalisé un film sur ce dernier, qui, si mes souvenirs sont bons réussissait plutôt bien à retranscrire son univers. Ensuite est venu Gainsbourg, vie héroïque, par lequel j’ai découvert ce personnage n’appartenant pas à ma génération. Ce qui m’amène ici, c’est donc son dernier film au nom à rallonge : La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil. Ironique, le nom est représentatif du « trop » omni-présent dans ce film.

Nous suivons pendant 90 minutes Dany, dans… une histoire… qui est tellement ensevelie par le reste qu’elle sera difficilement transcrivable à l’écrit ; résumable peut-être à un thriller un peu basique. Le personnage lui ressort beaucoup plus, jeune, rousse et balançant entre rigidité et folie. Et c’est à peu près tout en cadre composant ce film.

C’est avec ce cadre que Sfar va donner vie au récit. Pour lui donner de la forme il va y ajouter une mise en scène dont j’ai rarement été témoin : ça part dans tous les sens à tous les niveaux : des flashs-backs/forward, des scènes splittées, des jeux de couleurs épileptiques, une ambiance sonore assourdissante etc… etc… etc… J’ai totalement été assommé. Le film souhaite sûrement nous retranscrire à sa façon la schizophrénie du personnage, et effectivement il y arrive. On en devient fou, on ne sait plus où mettre la tête et on en perd toute cohérence avec le récit.

Cette tentative, en échec à mon sens, est louable voire bien tentée mais elle est accompagnée par un défaut plus frappant : je n’ai pas trouvé le film beau. Même en faisant abstraction des effets de style visuels, les plans ne sont pas assez travaillés et sont plutôt fades. À cette déception, j’y ajouterai également la musique qui manque beaucoup de cohérence voire de qualité. Goûts et couleurs peut-être.

Somme-toute je suis assez déçu et la beauté d’une rouquine ne m’aidera pas à faire pencher la balance dans l’autre sens…