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J’essaie de me tenir à jour sur les articles du blog malgré le nombre important de films que je vais voir en cette période de fêtes. Pour le démontrer voici un petit billet sur A Touch of Sin, un film chinois de Jia Zhangke qui a produit notamment Still Life en 2006 que je recommande.

A Touch of Sin est une peinture d’un pays, la Chine, subissant de plein fouet la mondialisation et l’industrialisation. Nous sommes plongés dans les conséquences sociales et sociétales de ce constat avec toutes les ambiguïtés que cela créé. À travers quatre personnages — plus un dernier durant l’épilogue — nous avons autant de visions différentes de la Chine moderne en passant des paysages ruraux aux paysages urbains qui pourtant ont en commun une ambiance de mal-être partagée par tout un pays.

Le format que Jia Zhangke a choisi de donner à son intrigue est un peu particulier mais loin d’être inintéressant. Les quatres parties n’ont pas réels liens entre-elles, hormis le fil conducteur qu’elles se partagent : la violence. En effet, les différents personnages ont tout quatre un rapport à l’agressivité mais avec chacun des mobiles différents : vengence, survie, animosité ou bien encore le simple plaisir.

Une des forces du film, c’est la puissance des acteurs qui rendent les histoires uniques. L’agressivité des personnages en est démultipliée, nous laissant en première loge lors des différents passages à l’acte (et il y en a !) et à tous les sentiments que la situation dégage. Les effusions de sang sont nombreuses dans un style qui se rapproche de Tarantino mais dans des contextes bien plus sérieux ; les histoires proposées sont en effet toutes inspirées de faits-divers réels.

Perturbé aux premiers abords par les transitions assez brutales entre les récits, je me suis prêté assez rapidement au jeu souhaité par le réalisateur. Je suis resté difficilement impassibles devant les drames proposés, mais j’en suis ressorti avec un bon sourire grâce aux scènes plus légères très justement disséminées.

Un film très curieux et intéressant.

La bande-annonce :